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Hiver 2026 : pourquoi les compagnies aériennes redoutent une saison sous tension

Entre pénurie de pilotes, coûts de carburant volatils et demande en berne sur l'affaires, les transporteurs européens ajustent leurs programmes. Notre décryptage.

CR
Camille Rousset
Rédactrice en chef adjointe
Publié le 12 novembre 2026 · 8 min de lecture
Photo — Unsplash / TourMaG

Les signaux sont contradictoires. D'un côté, une demande loisirs qui tient bon en Europe malgré l'inflation ; de l'autre, un marché affaires atone et des tensions industrielles qui obligent les compagnies aériennes à repenser leurs programmes d'hiver.

Un marché sous tension

À trois semaines du démarrage effectif des programmes d'hiver, les directions commerciales des grandes compagnies européennes affichent une prudence inhabituelle. « Nous entrons dans une saison où chaque route doit se justifier », résume un dirigeant d'un grand groupe basé à Paris.

Cette prudence tient d'abord à la structure des coûts. Le carburant, revenu autour de 95 $ le baril d'équivalent kérosène, pèse à nouveau lourdement dans les comptes d'exploitation. Les frais de personnel, dopés par la vague d'accords sociaux signés en 2024-2025, progressent plus vite que la productivité.

« L'équation économique est de plus en plus complexe. Nous devons faire plus avec moins de capacités mobilisables. »

— Directeur commercial d'un transporteur européen

Les chiffres clés

Selon les dernières estimations d'IATA Europe consolidées par TourMaG, la capacité proposée sur l'hiver 2026-2027 progresserait de 4,2 % en sièges-kilomètres offerts (SKO), mais avec une hétérogénéité forte selon les segments : +6,8 % sur le loisir long-courrier, seulement +1,1 % sur le court-courrier affaires.

La rentabilité, elle, resterait sous pression. Les coefficients de remplissage moyens attendus, de l'ordre de 82 %, cachent des disparités importantes entre marchés et jours de la semaine.

Ce que disent les acteurs

Air France-KLM, Lufthansa Group et IAG ont chacun ajusté leurs prévisions à la baisse lors de leurs dernières publications trimestrielles. Les low-cost, elles, campent sur des perspectives plus offensives — Ryanair vise +9 % de trafic sur la période — mais concentrent leurs ouvertures sur des marchés secondaires.

Perspectives 2026

Les prochains mois seront déterminants. Trois facteurs sont à surveiller de près par les professionnels : l'évolution du pouvoir d'achat des ménages européens, la reprise (ou non) des voyages d'affaires long-courrier, et l'issue des négociations sociales chez plusieurs transporteurs majeurs.

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