Distribution : l'omnicanal n'est plus une option pour les réseaux
Selectour, Havas Voyages, TUI : comment les enseignes réinventent leur relation client en 2026.
Les signaux sont contradictoires. D'un côté, une demande loisirs qui tient bon en Europe malgré l'inflation ; de l'autre, un marché affaires atone et des tensions industrielles qui obligent les compagnies aériennes à repenser leurs programmes d'hiver.
Un marché sous tension
À trois semaines du démarrage effectif des programmes d'hiver, les directions commerciales des grandes compagnies européennes affichent une prudence inhabituelle. « Nous entrons dans une saison où chaque route doit se justifier », résume un dirigeant d'un grand groupe basé à Paris.
Cette prudence tient d'abord à la structure des coûts. Le carburant, revenu autour de 95 $ le baril d'équivalent kérosène, pèse à nouveau lourdement dans les comptes d'exploitation. Les frais de personnel, dopés par la vague d'accords sociaux signés en 2024-2025, progressent plus vite que la productivité.
« L'équation économique est de plus en plus complexe. Nous devons faire plus avec moins de capacités mobilisables. »
Les chiffres clés
Selon les dernières estimations d'IATA Europe consolidées par TourMaG, la capacité proposée sur l'hiver 2026-2027 progresserait de 4,2 % en sièges-kilomètres offerts (SKO), mais avec une hétérogénéité forte selon les segments : +6,8 % sur le loisir long-courrier, seulement +1,1 % sur le court-courrier affaires.
La rentabilité, elle, resterait sous pression. Les coefficients de remplissage moyens attendus, de l'ordre de 82 %, cachent des disparités importantes entre marchés et jours de la semaine.
Ce que disent les acteurs
Air France-KLM, Lufthansa Group et IAG ont chacun ajusté leurs prévisions à la baisse lors de leurs dernières publications trimestrielles. Les low-cost, elles, campent sur des perspectives plus offensives — Ryanair vise +9 % de trafic sur la période — mais concentrent leurs ouvertures sur des marchés secondaires.
Perspectives 2026
Les prochains mois seront déterminants. Trois facteurs sont à surveiller de près par les professionnels : l'évolution du pouvoir d'achat des ménages européens, la reprise (ou non) des voyages d'affaires long-courrier, et l'issue des négociations sociales chez plusieurs transporteurs majeurs.
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